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Votre vie est un roman


« Ta vie, c’est un roman ! Tu devrais écrire un livre ! »

Certain⋅es de mes narrateurs et narratrices m’ont confié que cette phrase, prononcée par un⋅e ami⋅e, avait été un déclencheur pour elles et eux. C’est ce qui leur avait donné l’idée / l’envie / la motivation de se lancer et me contacter. Et si je vous disais que cette phrase est beaucoup plus profonde que ce que vous imaginez ? C’est précisément ce que j’ai découvert ces derniers mois en me formant à l’approche narrative auprès de Pierre Blanc-Sahnoun.

Une formation enrichissante et passionnante


Pour rappel, je vous annonçais dans cet article que j’allais suivre une formation pour toujours mieux vous accompagner. Voilà qui est chose faite ! Le 25 juin 2026, j’ai participé à un webinaire avec Pierre Blanc-Sahnoun, un évènement qui venait clôturer la formation passionnante suivie avec lui depuis le 21 mars : « Comment intégrer l’approche narrative dans sa pratique ». Aujourd’hui, je voudrais partager avec vous l’un des piliers de l’approche narrative.

Nos vies sont des romans

C’est un fait : une autobiographie ne peut prétendre être exhaustive. Pensez-y. Chaque seconde qui passe dans notre vie produit un nombre considérable de sensations physiques, d’émotions, de pensées, de gestes, de paroles, etc. Faire le récit complet de chaque seconde, sur toute une vie, même une tranche de vie, serait impossible.

Quand nous décidons de raconter un évènement, nous faisons donc des choix. Nous laissons de côté ce qui nous paraît moins important et nous mettons en exergue ce qui nous semble porter davantage de sens. Ce que nous choisissons de mettre en récit ne correspond en fait qu’à une toute petite partie de ce que nous avons réellement vécu. Comme le dit Pierre Blanc-Sahnoun : « Nos histoires racontées sont un archipel à la surface d’un océan d’expériences non historisées. » Attendez, le meilleur reste à venir ! En effectuant un choix parmi toutes nos expériences vécues pour en faire une histoire, nous prenons à ce moment-là une décision d’ordre littéraire. C’est ainsi que, même sans écrire le moindre mot, nous devenons… des auteurs ! Nos vies sont des romans, dont nous sommes les auteurs, que l’on soit engagé ou non dans un parcours d’écriture autobiographique.

Une découverte qui transforme ma pratique


Cette formation sur l’approche narrative relève d’un domaine transverse à mon métier d’écrivain-biographe. À la base, elle n’est pas directement liée à mon cœur de métier. Et pourtant… Je sens que, petit à petit, l’approche narrative va occuper une place centrale dans ma manière de pratiquer. Je pensais suivre cette formation pour toujours mieux vous accompagner dans l’écriture de votre autobiographie. J’y ai découvert quelque chose d’encore plus précieux : sans le savoir, vous avez déjà commencé à l’écrire. Chaque fois que vous racontez un souvenir, que vous partagez une expérience ou que vous choisissez ce qui mérite selon vous d’être transmis, vous êtes déjà à l’œuvre. Avant même de prendre la plume, vous êtes déjà l’auteur de votre vie.

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Cinq ans plus tard, la saga familiale est terminée !

Souvenez-vous, il y a quelques années, je vous ai parlé d’une biographie pour laquelle je faisais des recherches sur une personne décédée. Je vous ai également transmis le témoignage rempli d’émotion de mon client, qui était tellement heureux que j’ai réussi à rassembler suffisamment de matière pour parler de feu son père avec intégrité et humanité.

Aujourd’hui, je suis fière de vous annoncer que cette saga familiale, commencée en 2021, est terminée ! La première partie est une courte biographie des parents de mon narrateur. La deuxième partie reprend le même principe, mais avec les parents de son épouse. Enfin, la troisième partie raconte la vie du client lui-même.

Ce fut un projet très enrichissant. Les moteurs de recherche et le site Retronews m’ont particulièrement aidée dans la partie « recherche sur les ascendants ». J’ai pu reconstituer un certain nombre d’éléments solides à partir de données (très) dispersées.

Ce fut aussi un travail de longue haleine, puisqu’il s’est étalé sur cinq ans. Mon narrateur résidant à l’étranger, il ne pouvait passer avec moi que quelques jours par an pour réaliser les entretiens. Pour les échanges au cours du reste de l’année, malgré la distance, le projet a avancé régulièrement.

En résumé, si vous êtes intéressé pour faire écrire votre saga familiale, sachez que c’est possible ! Contactez-moi pour en discuter.

NB : Ce que je vous présente ci-dessous est une couverture modifiée (photo, titre et nom d’auteur), pour préserver l’anonymat de mon narrateur et de son épouse. À bientôt !

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Écrivain-biographe : un métier aux multiples appellations

Écrivain-biographe, biographe familial, prête-plume… Vous vous demandez peut-être quel est le nom exact de mon métier. Bonne nouvelle : toutes les réponses sont bonnes ! Ces termes sont équivalents, et chaque professionnel de la biographie privée choisit celui qui lui semble le plus juste.

Pourquoi tant d’appellations distinctes ?

Peut-être que vous vous êtes déjà posé la question : « Qui pourrait m’aider à écrire mon histoire ? » Et peut-être que vous ne saviez pas qu’un métier existait pour cela…

En réalité, le métier que j’exerce est relativement récent. Écrire une biographie destinée aux proches d’une personne n’est devenu une profession que dans la seconde moitié du XXe siècle. Aujourd’hui encore, la pratique est « en cours de structuration ». Les différent⋅es professionnel⋅es qui accompagnent l’écriture de récits de vie pour des particuliers (souvent dans l’idée d’écrire leur vie ou de la transmettre) n’ont pas atteint de consensus quant à la manière de se désigner.

Ce n’est d’ailleurs pas le plus important. Si vous êtes arrivé⋅e sur ce site sans savoir à quoi vous attendre, l’essentiel est plutôt de faire la distinction entre le métier de biographe familial et d’autres professions dont les pratiques sont proches :

  • un biographe, qui écrit le plus souvent sur des personnalités publiques, à partir d’un travail de recherche ;
  • un écrivain public, qui peut se spécialiser dans la biographie, sans que ce soit systématique ;
  • un biographe hospitalier, dont l’activité s’inscrit dans un contexte de soin spécifique.

Par ailleurs, ma profession se trouve à la croisée de plusieurs pratiques :

  • le métier d’écrivain, où l’auteur n’écrit que pour lui-même ;
  • le métier de biographe, comme je l’écrivais plus haut, où l’auteur va s’attacher à raconter la vie d’un personnage illustre, souvent à titre posthume ;
  • le métier d’écrivain public, car il nous arrive de rédiger l’autobiographie d’une personne qui ne peut ou ne souhaite pas le faire seule ;
  • et, dans certains cas, d’un métier d’accompagnement plus introspectif, lorsque le récit de vie permet au narrateur ou à la narratrice de porter un nouveau regard sur son parcours.

J’ai récemment contribué à préciser la définition de mon activité dans une certaine encyclopédie en ligne. 😉 Vous pouvez vous y référer si vous souhaitez une approche plus descriptive. Voir l’article correspondant

En tout cas, quel que soit le nom qu’on lui donne, il s’agit avant tout d’un métier d’écoute et de transmission. Concrètement, j’accompagne des personnes qui souhaitent mettre leur vie en mots, sans forcément savoir par où commencer. Faire appel à un écrivain-biographe, c’est choisir d’écrire sa vie autrement : accompagné·e, écouté·e, et avec des mots qui vous ressemblent.

Comment j’ai choisi de me désigner

Parmi toutes ces appellations, il a bien fallu choisir.

La mention de « biographe privée » me semble laisser trop d’ambiguïté avec la profession de biographe pour les personnages célèbres.

Le terme de « biographe familiale » convient, mais suggère que le livre est nécessairement destiné à une famille, ce qui n’est pas toujours le cas.

J’ai aussi une préférence pour la version anglaise : life story writer. Mais « écrivain de vie » passe moins bien en français.

Quant au terme de « prête-plume biographique pour particuliers », il me paraît simplement trop long.

Je me présente donc comme écrivain-biographe. Mais vous pouvez m’appeler Julie Lucquet, ça marche aussi bien. 😉

Et si ces mots résonnent avec une envie que vous avez depuis longtemps, je serai ravie d’en parler avec vous.
Me contacter pour parler de votre projet


Vous pouvez aussi découvrir comment se déroule un accompagnement biographique ou consulter des exemples de récits de vie ici, ou , ou encore à cet endroit, ou celui-ci.

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Pourquoi raconter une vie aide à comprendre la sienne


Dans ma page de présentation, j’écris que, petite, je passais mes mercredis à la bibliothèque. La vérité, c’est que ça n’a pas tellement changé. Une fois par semaine, je vais dégotter de nouveaux livres à dévorer : romans, témoignages, essais… Aujourd’hui, sur la quatrième de couverture d’une BD librement inspirée de l’essai de Lilian Thuram Mes Étoiles noires, j’ai lu cette citation :

Chacun de nous est le résultat d’une histoire familiale qui nous conditionne à certaines formes de pensée, à certaines habitudes, à certaines croyances : pour preuve, la grande majorité d’entre nous a la même religion que ses parents.

Chacun de nous est porteur de l’histoire du monde qui nous conditionne à reproduire les hiérarchies du passé.

L’homme a-t-il vraiment accepté de considérer la femme comme son égale ? Les Blancs ont-ils pleinement accepté de considérer les Noirs comme leurs égaux ? Les hétérosexuels considèrent-ils les homosexuels comme normaux ? Les adeptes d’une religion acceptent-ils les croyances des autres religions ou l’attitude de ceux qui ne croient pas ?

Connaître son histoire familiale est essentiel pour mieux se connaître et pour avoir une bonne estime de soi. Connaître l’histoire du monde est essentiel pour comprendre la société dans laquelle nous vivons. L’histoire explique comment les divisions se sont construites et pourquoi parfois on s’enferme ou on enferme une autre personne dans sa couleur de peau, sa sexualité, son genre ou sa religion.

N’est-il pas temps de nous libérer des conditionnements qui nous empêchent de voir en chacun de nous l’humain avant tout ?

– Lilian Thuram


Ces mots se révèlent assez proches de la pratique biographique. Histoire personnelle, héritage invisible et compréhension de soi : ces trois thèmes trouvent naturellement leur place au cœur d’une biographie. Voici pourquoi.

Les héritages invisibles de l’histoire familiale

Dès notre plus jeune âge, nous héritons de schémas familiaux, culturels et sociaux. Les mettre en mots nous permet de les voir, de les comprendre et, parfois, de nous en libérer. La biographie familiale devient alors un outil de prise de conscience et de transmission. À première vue, l’enjeu pourrait sembler individuel. Pourtant, si nous sommes façonnés par des histoires qui nous précèdent, cela implique que nous façonnons à notre tour les histoires de la génération suivante. Pour celle-ci, recevoir le récit d’un ascendant permet d’apporter un éclairage nécessaire sur sa propre vie.

Quand l’histoire du monde traverse les vies

Par ailleurs, l’histoire du monde et l’histoire familiale sont intimement mêlées. À moins de vivre en ermite complet, personne ne peut prétendre ne pas être touché par les évènements sociaux de tout type. Chaque récit de vie porte les traces d’une époque : migrations, guerres, changements sociétaux et croyances laissent leurs empreintes dans les biographies. Rédiger une histoire de vie revient dès lors à donner chair à l’histoire collective.

Le récit de vie pour relier l’intime et le collectif

Ces deux angles de vue permettent de comprendre le rôle d’une biographie dans l’assimilation d’un héritage immatériel. Grâce à un récit de vie, le lecteur obtient des clés pour dépasser les étiquettes posées sur une personne jusque-là. Cela lui donne accès à la complexité d’un narrateur/d’une narratrice et permet de la considérer dans son intégralité.

Raconter une vie, c’est souvent découvrir que notre histoire personnelle est traversée par bien d’autres histoires que la nôtre. Dans mon travail d’écrivain-biographe, j’observe souvent ce moment particulier où un narrateur ou une narratrice prend conscience de ces héritages invisibles. Un souvenir éclaire soudain un choix de vie, un héritage familial prend un sens nouveau, un évènement collectif se révèle avoir laissé une empreinte intime. Peu à peu, le récit fait apparaître les continuités, les ruptures, les transmissions. L’histoire individuelle cesse d’être une suite d’épisodes isolés : elle devient une trajectoire, inscrite dans une histoire plus vaste qui relie les générations entre elles. Dans cette perspective, raconter une vie ne revient pas seulement à préserver des souvenirs. C’est aussi une manière de mieux comprendre d’où l’on vient, ce qui nous a façonnés et ce que nous transmettons à notre tour. Mettre en récit une histoire personnelle, c’est faire apparaître les liens entre l’intime et le collectif, entre l’héritage reçu et l’héritage laissé. Et peut-être, au passage, apprendre à regarder une vie — la sienne ou celle d’un proche — avec un peu plus de nuance, de compréhension et d’humanité.

Pensées

Joyeuse nouvelle année lunaire 2026 !

Une page se tourne alors que la nouvelle année lunaire débarque au galop. L’année précédente a été riche en évènements pour moi, entre les biographies écrites et mon logo qui a (enfin !) vu le jour. Si vous prêtez attention à ce logo, vous verrez qu’il s’agit de deux plumes, ce qui est un petit clin d’œil à ma pratique de réécriture, qui permet de rédiger une biographie à quatre mains.

Cinq biographies terminées et imprimées en 2025… C’est beaucoup ! Trois d’entre elles ont été destinées aux proches, et les deux autres ont été mises à la vente par leurs narratrices. Dans tous les cas, je me sens comblée… et honorée de la confiance que m’ont accordée les personnes m’ayant confié l’écriture ou la réécriture de leur récit de vie.

Quel programme pour 2026 ?

  • Continuer les biographies, bien sûr !
  • Continuer également les cafés bios (rencontres conviviales mensuelles entre biographes, en visio), mais avec une dimension thématique. Toutes les informations sont sur ma page Facebook, afin de ne pas trop encombrer l’espace de ce site.
  • Écrire des articles sur cette page.
  • Faire une formation pour améliorer encore et toujours ma pratique en tant qu’écrivain-biographe. (Je vous en reparlerai le moment venu, il faut bien entretenir le suspense. Mais je peux déjà vous dire que je suis impatiente !)
  • Et puis…

Et puis c’est déjà un programme bien rempli ! Cette année, j’ai envie de laisser de l’espace : de ne pas courir après chaque idée, mais d’accueillir celles qui s’imposeront avec évidence. Nous entrons dans l’année du cheval de feu — symbole d’élan et de puissance. À moi d’en canaliser la fougue, pour qu’elle serve la profondeur plutôt que la dispersion.

Quoi qu’il en soit, je vous souhaite à toutes et à tous une merveilleuse nouvelle année lunaire. Profitez de ce qui vous nourrit, cultivez ce qui vous fait grandir, et gardez-le précieusement dans votre cœur. Que 2026 soit une année d’envie, de justesse et de profondeur — dans vos vies comme dans les histoires que vous portez.

Illustration par Julie Mezua (autrice d’images intérieures via IA)

Pensées

Quand j’étais petit⋅e

Aujourd’hui, j’ai eu la chance d’assister, avec ma consœur Céline DORMOY, à l’avant-première du film Quand j’étais petit⋅e. En tant que biographes, nous ne pouvions qu’être intéressées par la thématique annoncée dans le titre.

Je vous épargne le suspense : ce film était une pépite. Beaucoup de rires, quelques larmes et un émerveillement de découvrir nos Anciens par le biais de ces interviews menés par des enfants.

La réalisatrice, Sophie LORIDON, était présente. Après la séance, le public (élèves d’une école primaire – entre 8 et 10 ans – et adultes) a pu échanger avec elle sur la durée du projet, sur le pourquoi de son film et sur l’avenir qu’elle lui prévoit.

Le projet s’est étalé sur dix ans, dont trois en tournage. Trois cent heures d’images à trier et à monter pour produire le film.

Le pourquoi, bien sûr, c’est la transmission des mémoires, le lien entre les générations, la possibilité offerte aux spectateurs de pouvoir vibrer avec l’histoire des personnes interrogées. C’est aussi apprendre aux enfants qui ont participé au projet comment se déroule un film, depuis le tournage jusqu’à la présentation en salle.

Quant à l’avenir du film, celui-ci sortira en salles le 29 avril prochain mais, d’ici cette date, la tournée d’avant-premières continue en Auvergne-Rhône-Alpes. Si vous êtes dans le coin, je vous recommande chaudement d’aller vous régaler du film. Toutes les informations sont ici : https://quandjetaispetit.fr/

En sortant de la salle, je me suis dit que ces récits, recueillis avec simplicité et respect, ressemblaient à ceux que l’on confie parfois dans l’intimité d’une rencontre… ou que je reçois dans le cadre d’une biographie. Des fragments de vie qui, mis bout à bout, racontent bien plus que des souvenirs : une humanité partagée. Quand j’étais petit⋅e rappelle combien il est précieux de prendre le temps d’écouter celles et ceux qui nous précèdent, et combien leurs histoires continuent de nous construire.

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Rentrée 2025-2026

Oui, je sais, ce titre est bizarre quand on ne travaille pas dans le milieu scolaire/universitaire. Pourtant, quand on est parent d’un enfant scolarisé, ça revient à peu près au même : on se cale sur son rythme. Bref, j’ai fait ma rentrée.

Dans les épisodes précédents

Entre janvier et juillet 2025, j’ai terminé quatre biographies. Les deux premières ont été auto-éditées par leurs narratrices, Sylvie Balys et Déborah El Ouadidi. Les deux autres sont restées confidentielles, distribuées à la famille et aux proches. Le mois d’août a été plus calme, partagé entre du travail professionnel, de la gestion familiale et les vacances bien nécessaires.

En ce moment

À ce jour, je travaille sur deux biographies actives, auxquelles se rajoutent trois contrats en suspens pour raisons de santé. Cela me libère du temps pour accepter de nouveaux contrats et travailler sur des projets laissés en plan depuis… longtemps.

Les projets professionnels

Je vous les donne en vrac :

  • Cinq articles de fond
  • Au moins une vidéo
  • Reprise des pages de présentation de mon site

Je ne fixe pas de date limite, car la rédaction des biographies est prioritaire. Cela dit, je vous tiendrai au courant de mes avancées. 😉

Bonne semaine à tous et à toutes !

Photo de Hannah Fleming-Hlll sur Unsplash
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Votre vie, une histoire unique : le rôle essentiel du biographe humain à l’ère de l’IA

Aux Assises de la Biographie, c’est un sujet qui a été abordé, mais pas débattu. Je crois que, quelque part, nous avions tous et toutes en tête que c’était une évidence et que, bien sûr, une Intelligence Artificielle ne pouvait pas écrire une biographie de la même qualité qu’un être humain. Pourtant, il y a certaines choses qui ne sont pas évidentes pour tout le monde et sur lesquelles il est utile de mettre des mots.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je voudrais préciser que je ne m’insurge pas contre l’IA. L’Intelligence Artificielle est un outil dont les avantages ne sont plus à prouver. Simplement, je pense qu’un biographe humain peut apporter au récit quelque chose qu’un modèle génératif de langage ne peut pas offrir.

Un peu d’humour ? Cette image a été produite par une IA.

L’écoute humaine irremplaçable

En tant que biographe, quand je recueille des souvenirs oraux, j’écoute intensément. Quand un élément n’est pas clair, je demande des précisions. Quand le narrateur ou la narratrice se tait, je le respecte. Puis je demande pourquoi. Qu’y a-t-il derrière ce silence ? Quelle émotion ? Quel souvenir est tout à coup remonté à la surface ? Un rire, une larme, une grimace, un froncement de sourcil, un clin d’œil, un regard qui se trouble… Ces signaux sont autant d’indices précieux. Je les capte, et cela nourrit ma compréhension de la personne qui est en face de moi et, donc, de son histoire. Cette connexion humaine unique me permet d’écrire de manière authentique. Mon travail va au-delà d’une transcription linéaire et factuelle, car il vise à rendre justice à la complexité d’une personnalité. Ambivalence des sentiments, intensité des émotions… De même que la voix, le vocabulaire et l’humour d’un narrateur ou d’une narratrice, ces éléments font partie intégrante de la subjectivité humaine et ont toute leur place dans un récit de vie.

La contextualisation indispensable

Au cours de la construction de mes biographies, je me tourne beaucoup vers mes narrateurs et narratrices pour leur demander de préciser des dates. J’insiste pour recréer une chronologie fidèle, ceci pour une contextualisation double.

  • La contextualisation par rapport à « la grande Histoire ».

Une vie se construit au sein d’une société, laquelle est amenée à traverser des périodes-clés : guerres, droit de vote pour les femmes, émeutes civiles, légalisation de l’avortement, réduction du temps de travail, confinements dus aux pandémies, etc. Quand une personne se confie à moi, je mets son histoire en perspective avec ce qu’il s’est passé cette année-là au niveau sociétal. Les décisions qu’on peut prendre avant, pendant ou après une guerre mondiale ne seront pas les mêmes. Connaître le contexte d’un choix permet de mieux en cerner les raisons.

  • La contextualisation par rapport aux étapes de la vie.

Cet aspect-là est primordial dans l’écriture d’une biographie. Le nombre d’années que l’on a au compteur lors de la prise d’une décision se lit en relation avec la phase officielle dans laquelle quelqu’un se trouve à ce moment-là : enfance, adolescence, majorité, grand âge… Souvent, c’est cohérent mais, parfois, on rencontre des situations où une petite de 10 ans va devoir prendre une décision d’adulte. Ou alors une personne adulte, du fait de son état de santé, va se retrouver dépouillée de sa capacité à faire des choix majeurs et donc être reléguée à une condition d’enfant sur le plan légal. Il est alors essentiel d’identifier ces points de divergence dans la frise chronologique de la vie d’une personne. Cela donne tout un éclairage sur le fonctionnement de celui/celle qui se raconte.

La biographie comme un reflet de l’âme.

Les IA peuvent structurer des textes entiers, mais ce qu’elles produisent manque souvent d’âme. Lors de la rédaction d’une biographie, je m’efforce de rendre la personnalité du narrateur ou de la narratrice presque palpable, vivante, touchante. Mon objectif, c’est que les proches de la personne reconnaissent sa voix entre les lignes.

Un récit de vie rédigé par mes soins n’est pas qu’un document chronologique : c’est un héritage affectif. Il transmet des valeurs, des gestes, des silences. Il donne à voir une façon d’être au monde. Cette épaisseur-là, cette sensibilité, c’est ce que j’essaie de faire passer dans l’écriture. Il s’agit de trouver les mots qui vibrent avec ce que la personne est. Chaque tournure, chaque image, chaque changement de rythme contribue à rendre le texte vivant, habité.

Par ailleurs, lors des entretiens, je ressens souvent les émotions que m’a confiées la personne. Je revis avec elle ses souvenirs, je tremble, je ris, je m’émeus. Cette implication se ressent dans le texte, comme une empreinte invisible.

Comme je le disais plus haut, les biographies que je rédige ne sont pas un simple reflet de vie en noir et blanc. Ce sont des images colorées enrichies d’une compréhension nuancée et de la profondeur émotionnelle que le narrateur ou la narratrice aura bien voulu partager. Au-delà d’un algorithme, c’est une richesse humaine mise en mots par une humaine pour d’autres humains.

Exemples de récit

Malgré tout, je brille ! – EXTRAIT –

Un extrait du livre de Déborah El Ouadidi pour vous donner envie d’en lire davantage. Pour rappel, l’ouvrage est disponible sur ce lien : https://www.thebookedition.com/fr/malgre-tout-je-brille–p-416757.html

CHAPITRE 6 : LE PLACEMENT
Nous avons quitté notre domicile pour nous rendre à l’ASE, qui n’était pas très éloignée. Prise par les émotions, j’étais sous le choc. Peut-être ai-je croisé des personnes que je connais- sais sur le chemin, mais je ne m’en souviens pas. Tout reste très flou dans mon souvenir. Une fois dans l’établissement, nous sommes monté·es à l’étage. Deux femmes se tenaient dans le couloir. L’atmosphère était étrange. Au départ, je pensais que ces personnes étaient des employées de l’ASE qui avaient pitié du tableau que nous offrions mais, quand j’ai vu le regard qu’une des femmes portait sur Lorenzo et Enzo, j’ai compris. Et, d’emblée, je ne l’ai pas aimée.
L’éducateur, dénommé Rachid, nous a fait rentrer dans une salle. La femme a suivi. Rachid a fait les présentations : elle s’appelait Véronique *** et c’est elle qui serait la famille d’accueil pour nos frères. Sur le moment, je n’ai retenu ni le prénom ni le nom de la femme. Je ne voyais que son acte à venir : elle allait me voler mes petits [frères]. Mon cœur était déchiré. J’essayais de garder mon sang-froid, mais je n’y parvenais que difficilement. Ce moment-là me semble avoir été rapide, pourtant je l’ai vécu de manière très intense. Un tsunami d’émotions variées me submergeait : tristesse, colère, jalousie, peur, anxiété, stress… Nous avons dit au revoir à Lorenzo et Enzo, et ils sont partis. Je me suis effondrée.

Exemples de récit, Mon métier adoré

Malgré tout, je brille !

À l’automne 2023, j’ai reçu un appel d’une jeune fille, Déborah. Pleine d’entrain, elle m’a décrit son projet de publier un livre autobiographique. Elle avait 23 ans seulement, mais une vie déjà remplie d’une multitude d’évènements plus ou moins heureux. Vous avez peut-être entendu sa voix si vous avez écouté mon interview dans l’émission de radio sur France Bleu Isère, car elle faisait partie des auditeurs invités à s’exprimer ce jour-là. Mon Interview Radio : Chronique d’une Émission Sur les Biographies

Nous avons travaillé sur son livre pendant 18 mois. Déborah est pétillante, pleine de joie de vivre malgré tout ce qu’elle a traversé. C’est elle qui a trouvé le titre de son livre, et je trouve qu’il la représente parfaitement. Comme on dit, elle a le talent de raconter en riant ce qu’elle a vécu en pleurant. Déborah, c’est une histoire de résilience, d’envie farouche de s’en sortir, envers et contre tout. Je suis très heureuse de l’avoir accompagnée dans son cheminement et fière de vous annoncer la sortie de son livre Malgré tout, je brille !

Je vous laisse le lien vers le livre (disponible au format broché et en e-book) et une image de la couverture pour vous donner envie. 🙂 https://www.thebookedition.com/fr/malgre-tout-je-brille–p-416757.html